mardi 10 juin 2014

Je travaille et j'allaite toujours mon bébé !

Je lis souvent des témoignages de mamans qui disent "j'ai allaité pendant 3 mois, puis j'ai dû arrêter à parce que j'ai repris mon travail", et je me dis à chaque fois que c'est tellement dommage d'arrêter à cause de ça plutôt que parce qu'on en a envie, que c'est le moment, etc... J'ai l'impression qu'il s'agit d'un non-choix imposé par la reprise d'une activité professionnelle. 

Je voudrais apporter mon témoignage pour dire aux mamans qui le souhaitent que c'est possible, on peut y arriver, mais j'aimerais aussi qu'on puisse faire un peu plus pression sur les employeurs pour qu'ils fassent eux aussi des efforts pour faciliter la vie des mamans, parce que poursuivre l'allaitement de son enfant, ça n'est pas un caprice, un effet de mode ou je ne sais quoi, c'est une nécessité (et pas seulement jusqu'aux 3 mois de l'enfant ... attention, scoop, un enfant continue de boire du lait après, et le lait maternel reste TOUJOURS ce qu'il y a de meilleurs et de plus adapté même quand sa maman travaille, si si !).

J'en ai un peu marre aussi qu'on présente une mère qui allaite comme une mère contrainte, aliénée à son enfant, pas libérée ou épanouie. Car je ne me reconnais pas du tout dans ce portrait.

On peut faire le choix de continuer à allaiter son enfant, tout en étant épanouie à son travail, c'est mon cas. Alors, bien sûr, je travaille dans un milieu certainement plus ouvert et respectueux, avec moins de pression sociale, mais avec par contre un nombre d'heures qu'on ne calcule pas où bénévolat et travail se mélangent régulièrement. Je pense que c'est une chance. J'ai d'ailleurs été relativement épargnée par les jugements et autres remarques acerbes, et je m'en réjouie.

Tout ça pour dire qu'au final, avec 7 mois de recul (ma Poussinette a maintenant un peu plus de 10 mois et est à la crèche depuis ses 3 mois), le plus dur c'est le tout début.

L'entrée à la crèche a été plutôt difficile, mais surtout parce qu'ils n'ont pas de patience et que d'après eux, un bébé ça doit s'adapter vite, vite vite. Ensuite, les 3 premiers mois ont été quand même relativement fatigants (voire totalement épuisants ...), je dois bien le reconnaître. J'ai dû trouver mon rythme, ma Poussinette aussi (elle n'a plus voulu faire ses nuits à partir du moment où elle est rentrée à la crèche :/), et je lui préparais 2 biberons de 150ml pour la journée. Vous pouvez lire ici le résumé de ces premiers mois.

Et puis, vers 6 mois, on a introduit les légumes, mais ma Poussinette n'est vraiment pas pressée ni curieuse pour la diversification alimentaire (ça ne l'intéressais pas du tout !!!), et vous pouvez surement tenter le coup plus tôt, pour supprimer le biberon du midi. Ici, il fallait attendre qu'elle mange une portion complète de légumes + protéines pour que la crèche accepte de supprimer le lait à midi. On a profité de nos vacances pour tester les repas complets, et, vers ses 8 mois, ma Poussinette n'a donc pris plus qu'un biberon de lait au goûter. Je tirais mon lait en rentrant le soir, ce qui m'a permis de récupérer un peu et d'être moins stressée par le temps le matin.

A 9 mois et demi, on a remplacé le biberon du goûter par un laitage, que ma Poussinette mange avec plaisir. Cela fait un mois qu'on fonctionne comme ça. Je ne tire plus du tout mon lait la semaine. Le week-end, il m'arrive de lui donner une tétée plutôt qu'un yaourt. Mon corps s'est parfaitement adapté.

Notre rythme actuel, c'est donc : tétée le matin, avant d'aller à la crèche, repas normal et goûter compote + laitage. Une à deux tétée le soir avant de se coucher (en général, une grosse pour manger, et une petite de "retrouvailles") + un petit repas (petite assiette de légumes, compote). Une tétée au cours de la nuit, qu'on essaye progressivement de supprimer (je pense que ma Poussinette n'en a pas besoin mais qu'elle ne sait pas comment se rendormir seule, après son premier cycle de sommeil, mais c'est une autre histoire ...). Ça roule donc parfaitement, et je n'ai absolument pas l'impression que allaiter mon bébé soit une contrainte. Au contraire, c'est nos moments câlins à nous. On compense le fait d'être séparées toute la journée, on profite. Je ne me pose pas vraiment la question de la fin pour le moment, on verra bien !

Voilà, si on s'accroche les 3 premiers mois, le plus dur est fait. Chacune doit pouvoir être libre de ses choix, être respectée et accompagnée.




2 commentaires:

  1. Grosso modo j'ai la même organisation que toi ! Les premiers mois de reprise de travail ont été un peu difficiles car je tirais mon lait sur mon lieu de travail donc il fallait de l'organisation et j'avais un peu le stress de ne pas fournir assez, même si j'avais un peu de réserve au congél. Maintenant, il a 17 mois et il tète le matin vers 4-5h, à 8h30 avant de partir chez nounou et au moment du coucher. Comme toi, j'essaie d'arrêter la tétée nocturne, parfois ça marche, parfois non. Il aime bien être avec nous la nuit. Mais je suis super heureuse de continuer à l'allaiter et je n'ai pas envie d'arrêter tout de suite. J'attends le bon moment même si mon entourage ne comprend pas. Heureusement, mon mari me soutien. Bien à toi, Maï mère portante

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    1. Merci pour ton témoignage. Si j'avais dû tirer mon lait au boulot, je pense que ça aurait été compliqué (je travaille dans une petite structure associative avec des locaux plutôt petits). Et cette tétée nocturne, j'avoue ici que ça marche pas très bien, elle est encore super accro ma Poussinette ^^ Je ne me pose pas non plus la question d'arrêter pour le moment. On verra bien !

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