vendredi 18 septembre 2015

Au-delà de l'émotion

La crise des migrants ... comme on l'appelle ....

En ce moment, nous sommes saturés d'images, toutes plus effroyables les unes que les autres. J'essaye d'y échapper un maximum, et puis finalement, malgré moi, elles finissent par me rattraper et me hanter. Si je suis aussi bouleversée, c'est parce que, aussi choquantes soient elles, ces images me touchent en plein coeur, mon coeur de maman. 

Ce petit garçon ...on n'y voit pas seulement un enfant, on y voit aussi notre enfant. J'y vois ma Pimprenelle, son sourire, sa joie de vivre, son innocence, les histoires qu'elle se raconte. Je la vois qui suce son pouce, accrochée à son doudou, je vois son air boudeur quand elle n'est pas contente, je la vois rire et jouer comme tous les enfants - enfin presque ... Alors, les larmes viennent.

Je lis des articles bouleversants, forts, et parfois, aussi, je lis des commentaires haineux et sans compassion (mais je me dis qu'ils sont sûrement eux aussi plein de terreur à l'idée de se voir dérober leur confort et leur sécurité ... je comprends mais je n'accepte pas). Se barricader derrière des murs, ça n'a jamais marché, les murs ont fini par tomber, parfois générant encore plus de haine, de colère et de misère qu'avant. Alors, avant de s'enfermer chez nous, il devient urgent d'agir. Il y a ce qui nous dépasse, des guerres sans fin, des luttes de pouvoir, des conflits religieux, ... et il y a ce sur quoi on peut agir.

Maintenant, nous nous devons d'aller au-delà de l'émotion, prendre notre part, être le petit colibri de la légende. Parce que, l'émotion, elle, ne reste pas, elle finit toujours par retomber (si, si, souvenez-vous, Haïti, par exemple ou même le Népal, encore plus récent, qui en parle encore aujourd'hui ?), on passe à autre chose et ainsi va la vie. 

Penser, réfléchir, agir, ça, ça reste.

Je travaille pour une association de solidarité. Nous accueillons et aidons toutes celles et ceux qui en ont besoin, sans faire de distinction, sans hiérarchiser la misère : SDF, travailleurs pauvres, demandeurs d'asile, réfugiés de guerre, ... avec les moyens que nous avons.

Aider les réfugiés d'Irak ou de Syrie, c'est bien, aider toutes celles et ceux qui en ont besoin, sans les trier par pays, c'est bien plus digne et humain. En tant qu'association de solidarité, nous agissons sur les conséquences, aux Etats, aux politiques, d'agir principalement sur les causes.


En ce moment, on nous demande souvent ce qu'on peut faire pour aider (preuve que la France est pleine de gens solidaires et généreux aussi, au passage ...). Je prends toujours le temps d'expliquer qu'au Secours populaire, nous aidons les migrants au quotidien, depuis longtemps, pas uniquement "ceux qu'on voit à la TV", mais des personnes qui ont aussi fait le choix de tout quitter pour offrir un avenir meilleur à leurs enfants, quel que soit leur origine ou leur détresse. On essaye d'accueillir et d'écouter chacun du mieux qu'on peut. Les vêtements que nous recevons iront à des personnes qui en ont besoin quoi qu'il arrive, mais sans faire de distinction aucune, sans trier, sélectionner, parce que tous sont dans la souffrance. 

Ensuite, j'explique aussi qu'en plus de vêtements et dons matériels (produits d'hygiène, produits bébé, qui sont très très utiles), nous avons aussi besoin d'argent : il faut payer les billets de train pour aller à l'OFPRA à Paris, puis quand ils obtiennent leurs papiers, on leur demande également des sommes astronomiques en timbres fiscaux, cela nous sert également à participer à la scolarisation des enfants (si, si, vous savez, les 20€ ou 30€ qu'on demande parfois pour les fournitures scolaires, les activités proposées par l'école, et j'en passe, ...). On propose de l'accompagnement scolaire, en plus de celui des écoles, pour apprendre le français aux enfants, les aider dans le début de leur scolarité, des cours de français langue étrangère pour leurs parents, ou encore des sorties culturelles et de loisirs pour leur changer les idées.

(J'en profite pour préciser - puisqu'il semble parfois nécessaire de le faire - que toutes ces aides sont également proposées aux personnes qui connaissent la grande précarité en France, aux travailleurs pauvres, aux SDF, ...).

A qui donner ?

Je pense qu'il est nécessaire de coordonner et de structurer l'aide qu'on apporte aux réfugiés et aux personnes en situation de précarité. Les initiatives citoyennes, c'est formidable, mais ça peut vite dégénérer et virer au grand n'importe quoi (j'ai été absolument effaré par ce reportage d'Envoyé Spécial sur un squatt en région parisienne, "autogéré", et sur le bordel hallucinant dans la collecte et redistribution des dons). Si vous donnez à une association plus organisée, vous êtes assurés qu'en plus du don matériel, les personnes sont suivies et accompagnées sur la durée, orientées dans leur parcours.

Je vais parler de ce que je connais, c'est plus simple pour moi : au Secours populaire, nous nous mobilisons toute l'année dans nos permanences d'accueil, et nous avons vraiment besoin de dons (matériels ET financiers). Nous avons aussi besoin de bénévoles, pour recevoir les familles en entretien, et proposer un accompagnement et un suivi de qualité.



 Je fais un don

Si vous avez des questions, j'y répondrais bien volontiers. Si vous avez d'autres expériences de solidarité, n'hésitez pas à les partager.

2 commentaires:

  1. Très belle mission que tu réalises là, merci de m'avoir permis de connaître un peu mieux les actions du Secours Populaire.
    Ma maman était très engagée à RESF et nous avons aidé des familles durant de nombreuses années. Certaines font aujourd'hui partie de notre famille.
    J'admire les gens qui font ce travail au quotidien, bravo de ton engagement !

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    1. Merci à toi. La solidarité, ça se transmet :)

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