lundi 1 février 2016

Pimprenelle, l'école et moi



Quand Pimprenelle est entrée à l'école, il y a un an et demi maintenant, c'était finalement ma rentrée de maman à moi aussi. Je ne savais pas si j'allais être plutôt maman cool, maman poule ou maman stressée.

Enfant, l'école a toujours tenu une grande place pour moi. J'ai eu des parents très exigeants, il était inconcevable de manquer un jour sans une raison plus que valable, et j'ai eu parfois l'impression d'avoir une grosse pression sur mes épaules (mon père surtout, pour qui j'avais le sentiment que ce n'était jamais assez bien, c'est très frustrant !). J'ai un sentiment ambivalent par rapport à tout ça. J'ai toujours été plutôt une élève modèle, me fondant assez bien dans le moule, mais finalement, j'ai assez peu écouté ce qui me plaisait vraiment à moi. J'ai fait des maths et de la physique à en être écoeurée, alors que moi, j'aimais les livres, le français, l'histoire... Oui, mais voilà, ça n'était pas le chemin tout tracé pour les bons élèves, et j'étais assez peu sûre de moi et de mes choix pour m'imposer. J'ai fini par faire une classe prépa, puis une école de commerce, pour finalement changer radicalement de voie et travailler dans une association de solidarité, où je me sens enfin à ma place. Je ne regrette pas, j'ai acquis tout un tas de compétences qui me sont très utiles aujourd'hui, mais j'aurais pu sûrement être plus épanouie et trouver plus rapidement ma voie sans cette pression liée à l'école (mais ce ne sont que des hypothèses, bien sûr).

Alors forcément, mon parcours scolaire influence un peu la maman que je suis aujourd'hui et mon rapport à l'école. De tout ceci, j'ai gardé un grand respect pour l'école, il faut être à l'heure, j'ai du mal avec l'école buissonnière, je me sens toujours mal à l'aise, un peu coupable, comme si j'allais me faire gronder ^^Je suis très exigeante par rapport à l'orthographe, au soin, à la présentation, j'aime le travail bien fait. 

Je trouve important que Pimprenelle aime l'école, mais je suis aussi très attentive à ce qu'elle s'y sente bien, libre et épanouie. Je me méfie comme la peste de l'école (en tant qu'institution, en général, je ne parle pas spécialement de l'école de Pimprenelle) qui enferme les enfants dans des cases, en bridant leur imagination et en cassant leurs rêves et leurs espoirs. La première année, j'ai eu un peu peur, avec une maîtresse de français peu chaleureuse et accueillante. Mais finalement, la chance de la classe bilingue c'est aussi d'avoir 2 maîtresses, et avec la maîtresse d'allemand, le contact était très agréable. Ce premier contact avec l'école que je trouve tellement important... Pour moi, c'est primordial d'avoir des enseignants disponibles, et capables de s'adapter à des enfants si petits. Cette première expérience conditionne beaucoup de choses. Mieux vaut partir du bon pied dans son parcours scolaire.


Moi qui avait peur de retrouver ce stress qui ne m'a presque jamais quitté pendant toutes ces années d'école (la peur de la mauvaise note ...), je me découvre plutôt détendue par rapport au parcours de Pimprenelle, à ses acquisitions. Je lui fais confiance, et je me fais confiance pour ne pas dépendre totalement de l'école pour l'éducation et les apprentissages de ma fille. Je veux dire par là que, oui, les enfants découvrent beaucoup de choses à l'école, mais la maison peut aussi être un terrain d'apprentissages informels extraordinaire. Je ne me sens pas passive et totalement dépendante pour sa découverte des chiffres, des lettres, ou encore de la lecture, ... Dans les cahiers de Pimprenelle, il n'y a pas que des petits bonhommes verts qui sourient, il y en a parfois des oranges ou des rouges. A aucun moment, je ne l'ai pris comme une sanction, d'ailleurs, Pimprenelle non plus. Je pense que les maîtresses ont parfaitement expliqué la signification de ces "couleurs" et les conclusions que nous, parents devions en tirer. Je ne me suis jamais affolée ou révoltée par rapport à tout ça. Pour le moment, je me trouve plutôt sereine.

Pendant longtemps, je n'ai, par exemple, jamais vu ma Pimprenelle dessiner de formes identifiables, pas de bonhomme ou de maison, mais plutôt des explosions de couleurs, des feux d'artifices, des tâches colorées ... J'ai failli commencer à m'inquiéter un peu (c'est difficile de s'empêcher de comparer avec les autres enfants, et puis, j'ai un petit neveu qui dessine tellement bien). Je me suis retenue plusieurs fois de demander à Pimprenelle de me dessiner un petit bonhomme ("allez, pour me faire plaisir, ma chérie" ... pour me rassurer aussi ^^), et puis, la veille des vacances de la Toussaint, elle est rentrée avec son cahier de l'école, et dedans, il y avait un joli bonhomme, personnalisé à la Pimprenelle bien sûr, mais il était là et parfaitement identifiable. Alors je me suis dis que j'allais continuer à la laisser dessiner comme elle a envie, à lui faire confiance et lui laisser cet espace de liberté. 

Pareil pour les lettres, là où certains de ses camarades écrivent / recopient leur prénom depuis longtemps, je n'avais jamais vu ma Pimprenelle tracer une lettre (je suis plutôt du genre à me retenir de l'embêter avec ça, même si parfois ça me travaille), et puis, presque du jour au lendemain, elle a barbouillé une feuille entière avec toutes les lettres qu'elle connaissait, en me demandant de lui dire quel mot cela faisait, on a bien rigolé ce jour-là, de tous ces mots imaginaires. 



Ca n'est pas facile, en tant que parent, de trouver le juste milieu entre confiance et vigilance. J'essaye de garder les yeux grand ouverts, de parler avec ma Pimprenelle (ou plus exactement, dans notre cas, je me retrouve bien souvent à l'écouter parler, je vous ai déjà dit que c'était une grande bavarde ? ^^), mais aussi - et j'ai conscience de ma chance - pour le moment, j'ai une grande confiance en ses maîtresses, que je trouve bienveillantes et dont j'aime beaucoup la démarche auprès des enfants.

J'espère garder mon recul et ce regard apaisé sur la scolarité de mes filles (j'ai conscience que ce ne sera pas toujours aussi facile, le plus difficile étant devant nous), j'espère que ma Pimprenelle, elle, gardera ce plaisir d'aller à l'école et d'apprendre, j'espère enfin que l'école continuera à jouer pleinement son rôle dans l'accompagnement de mes enfants, de manière bienveillante et positive. 

A la rentrée prochaine, c'est ma Poussinette, qui va aller à l'école à son tour, ma petite fille sensible et douce. J'espère que l'école saura l'accueillir en douceur.



4 commentaires:

  1. ^^ il y a pas mal de points communs entre ton parcours scolaire et le mien, sauf que les maths, malgré les innombrables exercices supplémentaires j'ai jamais su.. Et comme par chance ma sœur qui me suivait est une bête scientifique du coup on m'a laissé tranquille et j'ai pu faire littéraire et histoire (en fac parce qu'il fallait y aller, c'était obligé.. j'ai du reprendre mes études à zéro pour mon boulot actuel mais comme toi ca m'a appris pas mal.. et je suis aussi dans le social ;) )
    Je vois que tu fais participer Pimprenelle aux albums photos?? :)
    Bon j'ai encore un roman à t'écrire mais la je dois partir bosser, la suite pour plus tard!!
    Gros bisous

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh, mais du coup, je suis curieuse, tu fais quoi exactement comme travail ? Pour Pimprenelle, elle était en train de remplir son cahier de vie pour l'école (il faut qu'on raconte nos vacances ou quelque chose qui l'a marqué), j'essaye un maximum de la laisser faire (même si en bonne control freak j'aime bien que tout soit parfait ^^) parce que, comme elle dit "c'est MON cahier, maman"

      Supprimer
  2. J'ai un parcours scolaire qui me fait penser à ce que tu racontes ! Très joli article !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah tiens, c'est marrant, j'ai lu ton article du jour, et moi j'ai grandi dans un cadre plutôt strict et exigeant, avec beaucoup de règles, et assez naïvement j'avais imaginé que ça avait conditionné mes choix, mais en fait finalement, peut être que non. Être plus libre ne m'aurait peut-être pas fait trouver ma voie plus rapidement. Quoi qu'il en soit, je suis contente d'être retombée sur mes pieds (même si je déteste les maths A VIE maintenant ^^)

      Supprimer